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CCP

1968, noir et blanc, sonore, 00:4:40, 16 mm
Guy Chalon, Bernard Gesbert, Jean-Pierre et Lucien Girault, Gérard Gozlan et Elie Kagan

Distribution : Syndicat national de l'enseignement supérieur, SNE-Sup; Confédération française démocratique du travail, CFDT • Photographies : Élie Kagan


"Montage photographique servant une dénonciation des violences policières commises au Quartier Latin dans les premiers jours de Mai 68 et un appel aux dons en faveur des victimes."

(Sébastien Layerle : Caméras en lutte en Mai 68 "Par ailleurs le cinéma est une arme", Nouveau Monde Éditions, 2008)

 

Générique : "Equipe : Guy Chalon, Bernard Gesbert, Jean-Paul Girault, Lucien Girault, Gérard Gozlan, Elie Kagan - Photos : Elie Kagan"

 

Notes :

Copie présente dans le fonds de l'OCE de Marseille dans une boite au nom de Alain Imbern. Deux autres films tournés en 1968 par le collectif de réalisation "Chalon Gesbert Gozlan" sont également présents dans le fonds de l'OCE de Marseille : Opération Jéricho (L') et La Société est une fleur carnivore.

 

En Mai 68, Alain Imbern était délégué régional audiovisuel de l'UFOLEIS en PACA et à l'initiative, avec Jean-Pierre Daniel du Comité d'Action Cinématographique (CAC). Comptant une douzaine de personnes, ce collectif engagé avait comme base arrière la Cinémathèque de l'OCE rue Horace Bertin et la Fédération des Amis de l'Instruction Laïque (AIL) de la rue Mazagran.

"En mai 1968 on avait fondé le comité d'action cinématographique pour aller d'un piquet de grève à l'autre en apportant des documents, des films, faire des séances de cinéma, et surtout en faisant des tas de photos et des montages. On faisait des montages de diapos en noir et blanc, qu'on projetait ensuite d'un piquet de grève à l'autre." (itw 13/2/2024 de Toni Prima instituteur et délégué UFOLEIS des Bouches-du-Rhône, participant du CAC).

Parmi les usines en grève visitées : Sud Aviation et l'usine de Gardanne.

"A la fin de Mai 68, on avait tourné plusieurs films en 16 et pris plus de 2.000 photos". Toni Prima a confié un jeu de photos au Centre international de Recherche sur l'Anarchie (CIRA)  de la rue Consolat.

Lettres de Sibérie , La Jetée et Description d'un combat de Chris Marker furent, entre autres, projetés à ces occasions, selon Alain Imbern.


TRANSCRIPTION

Commentaire off

« Vendredi 3 mai, la police occupe la Sorbonne. Lundi 6 mai, six cents blessés, la plupart au visage. Nuit du vendredi 10 au samedi

11 mai, quatre cents arrestations, des centaines de blessés, combien ? De disparus, combien ? Matériel utilisé par les forces de répression : bâton blanc, matraque en caoutchouc, matraque plombée, matraque d'un mètre dite "bidule", déià utilisée à Charonne, crosse de mousqueton; grenade lacrymogène, grenade à gaz de combat, de types CN, CB, CS, CW, grenade offensive de manifestation ; jet de liquides acides, brûlent peau et cornée, aveuglent, asphyxient, paralysent et ultérieurement, peuvent provoquer la mort par détérioration des cellules du foie et des reins.

Maintenant, nous savons. Toutes ces armes ont été utilisées dans la rue, dans le métro, les cafés, les magasins, les appartements. Les blessés ont été matraqués, arrachés aux brancardiers, privés de soins. Les secouristes ont été pourchassés, les médecins maltraités, les centres de secours attaqués à la grenade.

Les personnes ont été matraquées dans les commissariats, filles et garçons, jambes, bras, mains déchiquetées.

Combien d'amputés, combien d'aveugles, combien d'infirmes, combien de disparus ?

Couvrez-vous de vêtements épais. Mettez des chaussettes de laine, protégez vos mains, protégez votre tête, protégez vos yeux et manifestez votre solidarité aux victimes de la répression. CCP 75 44 66 Paris SNE-Sup. »


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