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Collines de Provence

1954. Noir et Blanc, muet, 00:14:00 - 16 mm
J. Nicod et G. Roustan

Film didactique de géographie réalisé pour l'Éducation nationale.
Le cadre naturel, le cadre de vie et ses contraintes (sécheresse, état dégradé de la région dû aux incendies et à l'érosion). Mais aussi beautés et richesses de ce terroir.


Générique : "Ministère de l'Éducation nationale - Institut Pédagogique National - Cinémathèque de lEnseignement Public | Ce film a reçu le visa du Ministère de l'Éducation Nationale après examen par la Commission du Cinéma d'Enseignement | Musée Pédagogique - Institut Pédagogique National présente | Collines de Provence | 1ère partie Le cadre naturel | Réalisation de J. NICOD, G. ROUSTAN assistés de R. TAILLAND, J. ROGGERS, M. NICOD BERGE avec l'appui de l'O.R.C.E.L. de Marseille"

"L'Office a produit l'an dernier 2 films de géographie : COLLINES DE PROVENCE [en 2 parties]et ces films sont entièrement terminés et seront en distribution dans tous les Offices de France à partir du mois d'octobre [1954].
Deux autres films sont en cours de tournage et sur le point d'ailleurs d'être termibnés. le montage aura lieu dans les laboratoires du Centre Audio-Visuel de Saint-Cloud au cours de la prochaine année scolaire et il est plus que probable que leur distribution se fera à partir d'octobre 1956. Ce sont :
- L'activité indusytrielle autour de l'Etang de Berre
- Les calanques marseillaises
- La Provence sous le Mistral
Ces films sont réalisés avec le concours des professeurs spécialisés des Lycées de Marseille : MM. NICOD, professeur au lycée Saint-Charles, détachée à la recherche scientifique, ROGERO, professeur au lycée Saint-Charles, M. ROUVEYRE et M. KEYSSIAL, professeur au Lycée de Marseille Veyre. Notre collaborateur M. ROUSTAN pratique les prises de vues, prépare toutes les opérations précédent le montage. Conformément au règlement du C.N.D.P., le tournage n'est commencé qu'après l'acceptation par le Ministère du sujet et du découpage.
Pour bénéficier de toute la compétence nécessaire à ce genre de travail, nous avons pu faire participer cette année MM NICOD, ROUVEYRE, KEYSSIAL et ROUSTAN à un stage de 8 jours au centre audio-visuel de St-Cloud.
(...) Les frais de pellicule et de déplacement sont en principe remboursés par le C.N.D.P. pour les films didactiques et par le Comité de la Quinzaine laïque pour le reste. Cependant si le Comité de la Quinzaine règle immédiatement ses dettes, nous n'avons pas encore été remboursés des avances faites pour le tournage des films pédagogiques." (Maurice Philip, Directeur de l'OCE - Rapport de fin d'année scolaire 1953-1954)

TRANSCRIPTION

Commentaire (voix off masculine) :

00:00:38:00 : Le légendaire été provençal, que les baigneurs et les touristes apprécient tant, est marqué par une désespérante sécheresse que le vent aggrave encore.

Voyez le maigre filet d'eau sur le squelette blanchi du calcaire.

Le lit du torrent est désséché par l'ardent soleil.

La roche, le soleil et la sécheresse ont composé cet élément du paysage provençal qu'on appelle colline, qu'elle soit sauvage et broutée par les chèvres ou aménagée pour des cultures adaptées au climat.

 

00:01:34:00 - CARTON : Un pays rocheux : Les Maures.

 

En Provence, les collines, parfois de véritables montagnes, couvrent presque tout le pays.

Voici les montagnes cristallines.

Au sud-est, les massifs des Maures et de l'Esterel, fragments isolés des massifs d'Hercyniens. Vous apercevez dans le lointain les formes adoucies des Maures issues d'une ancienne pénéplaine que les torvents ont ravinées. La mer a pénétré dans leurs multiples échancrures, dessinant ces baies magnifiques.

 

00:02:39:00 - CARTON : Les plis de la Provence calcaire.

 

Voici la cluse de Mirabeau, où la Durance coupe ce magnifique anticlinal.

Cette cluse, c'est la porte de la Basse-Provence.

Comme les Pyrénées, les plis provencaux sont orientés de l'est à l'ouest. Les deux chaînes les plus marquées sont la Sainte-Victoire et la Sainte-Baume.

La Sainte-Victoire s'étire selon son orientation pyrénéenne et dresse vers le sud ses hautes falaises calcaires.

Ces falaises sont dominées à près de 1 000 mètres par la Croix de Provence.

A la fin de l'ère secondaire, après de longues périodes de sédimentation, de légères rides délimitèrent des bassins, où les sédiments continuèrent de se déposer.

Au début du tertiaire, comme dans les Pyrénées, un plissement intense se produit. Les plis se couchent. Ceux de la Sainte Baume et de la Sainte Victoire en face l'un de l'autre. D'intenses fractures les bousculent. Ainsi surgis, les massifs pyrénéo-provençaux allaient être démolis en partie par une longue érosion.

Sur de larges assises qui l'isolent et la défendent et que les complexes lacets d'une route hardie ont rendu franchissables, la Sainte-Baume dresse aussi sa crête calcaire à plus de 1 000 mètres. Elle se termine à l'ouest par l'imposante muraille du Pic de Bertagne.

Moins imposante, la chaîne de l'Etoile, toute proche de Marseille, a cependant des reliefs escarpés sur son versant septentrional.

La Provence calcaire compte de nombreuses autres chaînes. Près de Marseille, les massifs côtiers, le Puget, Marseilleveyre, sont les plus abrupts.

Voici, tel un fronton antique, l'imposante barre du Puget.

Et, surgie de la mer, l'île Maïre aux formes déchiquetées.

Ces massifs surplombent la mer en impressionnantes falaises, les plus hautes de France.

 

00:06:17:00 - CARTON : Les formes karstiques.

 

Mentionnons les formes de reliefs spéciales au calcaire ou formes karstiques.

Aux limites de la Provence, le célèbre canyon du Verdon ou au sud, près de Toulon, les gorges d'Olioulles symbolisent la rareté des eaux courantes qui disparaissent sous terre, absorbées par des gouffres.

Cette grotte béante, au flanc de la falaise, ces rainures, ou lapiers, sont dues à la dissolution du calcaire par l'eau de pluie chargée de gaz carbonique.

Entre ces massifs desséchés s'étendent des bassins fertiles. Les plus importants forment la dépression permienne, au sol lie de vin, qui ceinture les Maures.

La vallée de l'Arc, au pied de la Sainte-Victoire, constitue une région aux riches cultures.

De nombreux petits bassins sont creusés dans des bandes de terrain tendre. Mais celui de Cuges, évidé dans le calcaire, sans autre exutoire que des gouffres ressemble au polier (sic) yougoslave.

 

00:08:07:00 - CARTON : Un pays dégradé.

 

Au cours des siècles, la Provence est devenue un pays dégradé.

Cependant, grâce à l'altitude, quelques forêts subsistent. La plus belle, celle de la Sainte-Baume, située à l'ombre, à l'Ubac, est une futée relique, peuplée d'essence ailleurs disparues, telles les hêtres qui forment ces beaux sous-bois uniques en Provence.

Aux Ubacs se maintiennent les forêts de chênes blancs. Mais souvent, elles dégénèrent en maigre taillis. En pays cristallin, c'est le chêne liège, dont l'écorce est découpée, puis arrachée. Récolte du liège qu'on appelle le démasclage.

Quelles sont les causes de cette dégradation ?

Des campeurs imprudents jettent parfois leur cigarette sans l'éteindre. Le vent la ranime, les aiguilles de pin, les feuilles sèches s'enflamment. Et l'incendie se propage vite dans la colline surchauffée, où les pompiers ne trouvent que de rares et lointains points d'eau.

Chaque année, le feu aidé par le mistral ravage des centaines d'hectares.

Arbustes et pins s'installent entre les troncs carbonisés. Alors viennent les chèvres, qui détruisent la végétation des collines en broutant les jeunes pousses. Elles empêchent ainsi la restauration de la forêt.

La forêt originelle de chêne n'a pu se maintenir. Elle s'est dégradée en taillis où les espèces de lumière, le chêne vert, l'emportent. Les sols sont entraînés par les orages d'automne. Les espèces buissonnières et épineuses remplacent les arbres. C'est le maquis, ou la garigue, qui continue de s'appauvrir. La roche nue, la pierraille, apparaissent entre les buissons.

Au pied des falaises calcaires, les pierres croulent le long des pentes en de multiples éboulis. Les marnes, les argiles, les schistes sont sauvagement ravinées. Ce sont les mauvaises terres ou badlands. Chaque nouvel orage recreuse ses rigoles.

Le maquis occupe les terrains cristallins. De grandes bruyères, l'arbousier aux feuilles cirées, les lentisques et les plantes épineuses qui forment des forêts impénétrables.

Spontanément, le pin maritime, au port symétrique et élégant, reboise de grandes étendues de maquis. Ses aiguilles sont très longues, ses cônes énormes. La garigue, toujours très rase, couvre sur les calcaires d'immenses étendues, souvent discontinues, que la fleur mauve du ciste pare au printemps.

Par suite de la disparition du sol végétal, dans les garigues comme dans les maquis, les chaînes ne repoussent pas. Seuls les pins peuvent y croître, et sur les calcaires, le pin maritime est remplacé par le pin d'alep au port dissymétrique et souvent malgracieux.

Pour vaincre ces reliefs, l'homme a essayé de retenir le sol, toujours fuyant, par des murets de pierre qui découpent ces collines en une multitude de terrasses de culture.

Pour franchir ces âpres collines, les vieux chemins de jadis, que les cultivateurs utilisent encore ont fait place à nos routes modernes aux rampes adoucies.

La voie ferrée traverse et perce des chaînons laissant dans ce paysage sauvage la marque puissante de l'homme, manifestée majestueusement par ce barrage qui retient la précieuse eau d'irrigation.

 

Fin : 00:14:00:00


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