L’Office cinématographique de l’enseignement (OCE) de Marseille
histoire d’un réseau non commercial

OCE de Marseille, 192 rue Horace Bertin en 1999 (Collection Aimée BALIAN - DR)
Ce texte est une première mouture. Il doit beaucoup aux rapports d’activité rédigés par Maurice Philip, directeur de l’OCE de 1943 à 1966 qui ont été confiés à Dodeskaden, ainsi que le fonds de films et d’archives de l’OCE par la Fédération des Bouches du Rhône de la Ligue de l’’enseignement (FAIL 13).
Ce texte est une contribution destinée à être étoffée au fil de l’exploration des fonds, avec l’aide des acteurs déposants de l’OCE et des chercheurs investis dans cette Histoire et ses récits. N’hésitez pas à nous contacter pour participer à cette recherche !
Quelques mots sur le « cinéma des instits »

Fabrication des valises en carton destinées à l'envoi et au transport des copies pour les projections itinérantes - OCE de Marseille, 15 bd Garibaldi, années 1950 (Collection Alain Imbern - DR)
Crées dans l’entre-deux-guerres, les offices du cinéma éducateur (OCE) souhaitent faire du cinéma autre chose qu’un nouvel « opium du peuple » à la main des marchands, user de son phénoménal succès pour en faire un outil de culture et d’éducation populaire… et contrer dans ce nouveau champ d’influence leur plus vif adversaire politique, l’église catholique. Le cinéma sera donc pour les Offices à la fois un moyen d’apprentissage, une ressource éducative et un agent de propagande au service de leur idéal républicain d’instruction pour tous et d’émancipation citoyenne. Ils se constituent comme de véritable cinémathèques régionales de diffusion pilotées par des enseignants - instituteurs de l’école publique pour la plupart. Et ils se développent sous un double régime, étatique et associatif : À la fois sous la tutelle de l’Education nationale pour développer le cinéma dans le champ scolaire, et affiliés à la Ligue de l’enseignement pour développer ce tiers temps éducatif et culturel que sont à leurs yeux les loisirs de leurs élèves. Mais aussi ceux des adultes et des jeunes (14 ans est l'âge limite de l'obligation scolaire jusqu'en 1959 et de nombreux jeunes basculent sans transition dans "le monde du travail » tandis que la majorité civique est encore à 21 ans).
« La tradition veut que le foyer de culture d'un village ou d'un quartier soit l'école. De ce fait, nos 245 installations scolaires se mettent les jeudis et dimanche soir au service de la post-école (…) : le cinéma du jeudi et du dimanche pour enfants et le cinéma du soir pour adultes. Le premier utilise surtout le documentaire et le film de court métrage comiques. Le second utilise à peu près exclusivement le film de grand métrage. » (M.Philip, 1954)
Les deux Offices régionaux du Sud-Est : Marseille (1931) et Nice (1933)
L’Office cinématographique et Radiophonique de l’Enseignement de l’Académie Aix-Marseille a son siège à l’école de garçons de la rue Eydoux - au 18 - dans le 6 ème arrondissement de Marseille.
Né d’un service de cinéma scolaire qui remontait à 1920, « il semble avoir conservé cette dominante pédagogique en se transformant en Office. Quelques films de fiction ("Mon Oncle Benjamin"…) ont laissé des souvenirs, mais il ne subsiste aucun programme ou catalogue. »
Dans leur ouvrage sur les OCE, Raymond Borde et Charles Perrin dressent du directeur de l'Office de Marseille ce bref mais archétypal portrait : Louis Truchet avait fait sa médecine, « était idéaliste, franc-maçon, radical-socialiste, Ligue des droits de l’Homme, animateur de la Fédération des Oeuvres Laïques. »
Il en était alors le secrétaire général. Et la Fédération des Amis de l’Instruction laïque et des Oeuvres peri et post-scolaires des Bouches-du-Rhône (FAIL 13) revendiquait à la même époque « 82 sociétés, groupant 15.047 membres majeurs cotisants et environ 25.000 pupilles. »
D’abord soutenu par le Département des Bouches-du-Rhône, l’OCE aurait vu ses crédits diminuer et disparaître avec la crise économique de 1933. Selon Borde et Perrin, sa zone d’action s’est, de fait, limitée à Marseille.

« Nous abordons notre oeuvre avec quelque retard relativement à la plupart des autres régions de France. Depuis dix ans, et même davantage, des offices ont été créés, qui sont maintenant en plein fonctionnement. » (J. Jenger, Nice, 1933)

L’Office du Cinéma Educateur du Sud-Est a son siège Villa Baudoin, au 8 rue Hôtel-des-Postes à Nice. Son directeur, J. Jenger publie en brochure son rapport sur la création de l’Office, dont le papier à lettres - à l’image de celui de l’OCE de Lyon - aligne les présidents d’honneur : le maire de Nice, Jean Médecin, sénateurs, préfets, présidents des conseils généraux et inspecteurs des trois départements de son secteur académique : les Basses Alpes, les Alpes Maritimes, le Var, puis la Corse. Le recteur de l’Académie d’Aix émarge même parmi ses présidents d’honneur. Bref, l’OCE du Sud-Est nait tardivement, mais parait d’emblée bien établi.
Cette même année 1933 est créée l’Union Française des Offices du Cinéma Éducateur Laïque (UFOCEL) qui devient la branche cinéma de la Ligue de l’enseignement à laquelle adhèrent la plupart des OCE.
Non commercial et adossé à l’école publique, le réseau de diffusion cinématographique de l’UFOCEL couvre une surface considérable. En 1939, Pascal Laborderie décompte 28 Offices dans 77 départements et plus de 5.000 points de projections. Numériquement, le réseau des écoles et des assos fait jeu égal avec le réseau commercial. Mais géographiquement, il est tout autre : fortement implanté en zones rurales où l’exploitation du cinéma ne saurait être lucrative.
Si bien implanté que l’armée le choisit comme courroie de transmission de ses actualités lorsque débute « la Drôle de guerre ».
Durant l’occupation, « l’activité de certains offices continue en zone libre, comme en zone occupée, mais la Ligue est rapidement victime d’ostracisme, puis dissoute, le 23-07-1942. Les Offices sont eux aussi frappés par une interdiction. »

En 1943, les forces gouvernementales issues de la Résistance - dans toutes leurs composantes - sont favorables à l’éducation populaire. L’éducation et la culture pour tous (comme le vote des femmes) apparaissent alors comme des ferments indispensables pour assurer au pays une majorité d’esprits libres et armés contre la tentation totalitaire. La relance des OCE est donc souhaitée, appuyée, encouragée par l’Etat. A ce titre, ces associations ont droit au soutien et à des attributions directes du Ministère de l’Education nationale comme les postes d’oeuvres ou la franchise postale.
L’OCE de Marseille bénéficie pour sa relance de quatre postes d’oeuvres, soit quatre instituteurs détachés à plein temps pour la faire fonctionner : Maurice Philip, Guy Roustan, Auguste Pellet et Charles Nivière ne remettront plus les pieds dans leur classe. Ils sont désormais à la barre de l’OCE avec la même mission d’éducation et de service public. Le 18 juillet 1944, "l'instituteur public détaché à la direction de l’Oeuvre du cinéma éducateur des Bouches-du-Rhône", Maurice Philip, boucle son premier rapport d’activité sur papier pelure ...

Préparation d'un envoi de copie - OCE, 15 bd Garibaldi, années 1950 (Collection Alain IMBERN)
Chapitre 1. De la relance du cinéma éducateur au début de la vague ciné-clubiste
1943 - 1949 : La relance d’une Oeuvre
« L’Office Cinématographique succède à l’Oeuvre du Cinéma Educateur créée par le pseudo gouvernement de Vichy. Les statuts imposés à ce dernier organisme et acceptés pour éviter une mise sous séquestre en 1944, avaient un caractère étriqué peu en rapport avec le programme ambitieux et hautement éducatif qu’entendaient réaliser les fondateurs de l’Office cinématographique de 1931. Nous avons donc effectué les démarches nécessaires pour reprendre cette tradition fâcheusement interrompue » (Extrait du rapport d’activité de Maurice Philip, 1945)
Les trois années qui suivent la Libération sont celles de l’organisation et de la remise en route de l’Office. S’agit-il du local du 18 rue Eydoux, de la rue Puget ou bien déjà du 23 rue Albert Chabanon ? « Récupéré dans un « état repoussant de saleté et de délabrement », il est remis en état grâce aux services municipaux. Premiers motifs de satisfaction (et soulagement) pour l'équipe d'instituteurs à l'oeuvre : une ligne de téléphone, l’achat d’une machine à écrire et l’installation à l'école de la rue Puget d’une salle de projection pour visionner les films.

1er rapport d'activité de Maurice Philip, 18 juillet 1944, Marseille (Fonds FAIL 13 / Dodeskaden)
Refaire un fonds de cinémathèque et d’appareils
D’abord en récupérant et en réparant tout ce qui peut l’être de l’ancien Office. En 1944, Maurice Philip recense un matériel limité et très usagé » : 17 appareils de projection muets, un projecteur 35 mm sonore réparé à l’école de la rue Puget, un en passe de l’être au collège Michelet, un autre à l’école pratique et 6 appareils de projection sonores destinés à être répartis dans 6 centres scolaires. En 1946, l’ambition de l’OCE est de pouvoir acheter deux nouveau appareils complets avec trois commutatrices et une camionnette pour « projeter dans le Département à raison de 6 séances par jour. » L’année suivante, l’espoir se porte sur la mise sur le marché d’un appareil sonore peu cher (15.000 Fr.) et l’OCE est chargée par l’inspecteur d’académie d’instruire les dossiers de demande de subvention des écoles pour s’équiper.

La réparation, l’entretien des films et des appareils sont un des services essentiels mis sur pied par l’office, qui embauche, dès 1948 une vérificatrice et acquiert pour 47.000 Fr. de matériel accessoire de projection afin d’« amplifier le service d’achat par la constitution d’un stock des pièces les plus rares et les plus vulnérables" pour dépanner rapidement ses adhérents ».
Edmond Lanteri, réparation à l'OCE.
(Collection Alain IMBERN - DR)
Du stock au répertoire
Côté films aussi, dans l’immédiat après-guerre, on attrape ce qu’on peut attraper et on récupère ce qui est possible. Et d’abord, ce qu’il reste des collections de l’OCE d’avant-guerre, comme les copies 35 de films muets, qui font l’affaire des premières séances. Maurice Philip sollicite en premier lieu les cinémathèques des différents ministères - Education nationale, Information, Santé publique, Agriculture - pour prendre en dépôt leurs films éducatifs : pratique, argumente-t-il, pour éviter aux éducateurs, qui en sont les principaux emprunteurs, d’avoir à « frapper à trois ou quatre portes différentes pour constituer un programme ». Certains ministères, comme la Santé ou l’Agriculture, tardent à répondre. Mais le Musée pédagogique qui dépend du Ministère de l’éducation nationale, frappe fort en expédiant dès 1946 « 250 kgs de films muets de 35 mm, 23 films 9,5 mm et 7 films sonores en 35 mm » ! L’apport du Musée pédagogique demeure conséquent d’année en année et Maurice Philip loue sans réserve son directeur Marcel-Charles Lebrun, membre lui-même du Bureau National de l’UFOCEL ».
« 250 kgs de films muets de 35 mm, 23 films 9,5 mm et 7 films sonores en 35 mm ! »
(1er dépôt du Musée pédagogique)
D’autres portes institutionnelles s’ouvrent et fournissent à l’Office des programmes « frais » comme la Croix rouge (dont, en retour, il relaie les campagnes de déminage et de dératisation), la ligue maritime et coloniale et les délégations d’ambassade à Marseille. Parmi elles, « Le service américain d’information » dispose d’un très grand nombre de films éducatifs et propose même de se charger des projections ou de mettre à disposition ses appareils. L’OCE visite aussi les services de Grande Bretagne, Suède, Russie, Suisse, et se félicite de faire connaître des pays étrangers à la jeunesse provençale.
« Outre les films des nombreuses délégations que nous possédons, nous avons obtenu le couronnement de nos efforts puisque par une lettre spéciale, le Directeur du Musée pédagogique nous faisait savoir que c’était grâce à nos efforts et nos initiatives, qu’après bien d’autres nations, la Tchécoslovaquie allait procéder à l’échange de films d’éducation et d’enseignement avec la France. » (Rapport d'activité de l'OCE pour l'année 1947-48)
Pour engranger des films « éducatifs », l’OCE démarche aussi des sociétés de production et des firmes commanditaires. France-Actualités propose de donner des bandes d’actualités périmées. Maurice Philip y voir l’opportunité de réaliser « de judicieux découpages [qui] permettront de monter des films de courts métrages autour d’une idée centrale : Fête folklorique, notre Empire… la joie du sport, etc. ». Don différé, car le support en nitrate de cellulose inflammable des bobines 35 mm nécessite la construction d’un blockaus adapté. Cependant, lorsque l’Office est davantage assuré de son stock, Maurice Philip reconsidère avec plus d’exigence ces premiers dépôts collectés dans l’urgence : « il y a bien évidemment nécessité de faire un choix dans leur distribution », écrit-il en 1951. « Nous nous réservons le droit de ne les distribuer qu’autant qu’ils ne traitent de propagande ou de publicité » (1952). Ce qui n’empêche pas la prise en don ou dépôt d’institutions ni d’entreprises. En 1954, l’OCE reçoit ceux de la Chambre de commerce de Marseille, de la Chambre syndicale des métiers fondeurs, de la Ville d’Aubagne et de la Ville d’Arles.
Comme pour la plupart des OCE en France, et particulièrement en province, l’achat de films est l’obsession des premières années de remise à flot de l’Office de Marseille et sera rapidement son premier poste d’investissement. Ses achats concernent le cinéma scolaire, mais très vite aussi l’achat et la location de films « récréatifs », « très demandés pour compléter un programme scolaire ou constituer un programme post-scolaire ».
Réorganiser les circuits de diffusion scolaire et post-scolaire
En plus de refourbir un stock de films éducatifs et culturels et de dénicher un maximum d’appareils de projection, l’OCE est à l’initiative de nombreuses séances de cinéma. Dans l’esprit de Maurice Philip, cette prise en charge n’aura qu’un temps : celui qu’il faudra aux établissements scolaires et aux associations extra scolaires pour s’équiper et se former à la projection, pour que se reconstituent des circuits de diffusion non commerciaux. Pour le cinéma scolaire, l’OCE met en place deux dispositifs qui auront la vie longue :
Le cinéma en classe : Les séances de démonstration ou séances pédagogiques

Auguste Pellet préparant une projection dans une école hors de Marseille ("Activités de l'Office" - 2e partie, 1948)
Ces séances sont organisées dans les établissements scolaires. L’OCE propose une formule de quatre programmes en 16 mm dans le cadre de l’enseignement primaire : « aux petits (CP et CE), aux grands (CM et CS), aux cours complémentaires et aux écoles maternelles qui en font la demande. » Ces projections sont conçues avant tout pour faire la démonstration aux enseignants de l’appareillage du cinéma en classe et de l’intérêt pédagogique des « leçons filmées ». En 1948, Maurice Philip constate que ces séances font affluer les commandes d’appareils « au rythme d’un par semaine ». Un an plus tard, le nombre de commandes a largement doublé. L’organisation de 318 séances de 120 personnes en moyenne obligent l’OCE à employer deux tourneurs en plus des instituteurs détachés. En 1950, ce sont 8 séances quotidiennes qui font travailler trois tourneurs professionnels pour un total de 402 séances à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône : à Istres, Marignane, Martigues, Port-de-Bouc, Salon, Miramas, Berre, Aubagne…
Les écoles au cinéma - Les séances récréatives à caractère éducatif
En 1947, les écoliers de Marseille peuvent voir en salle : "Les Malheurs de Sophie" de Jacqueline Audry (1946), "Elephant Boy" de Robert Flaherty et Zoltan Korda (1937) et "Le Dernier des Mohicans" de George B. Seitz (1936)
Ces séances sont organisées par l’OCE pour les écoles primaires, pendant le temps scolaire, dans des salles de cinéma de quartier. Les films sont choisis pour leur valeur morale et artistique. Et sont censés à la fois satisfaire le goût des enfants pour le cinéma, et récompenser leur travail du trimestre. La première année, le découpage en secteurs de la ville de Marseille rend laborieuse la mise au point de ces tournées, de même que les nombreuses réquisitions de salles commerciales par l’armée. Mais l’OCE consigne tout de même un total de 50 salles partenaires ayant accueilli 50 000 élèves. L’année suivante, ce sont 120 séances et 65.000 spectateurs : une moyenne de 540 spectateurs par séance ! Se procurer des copies 35 mm de films commerciaux adaptés à l’âge des enfants au rythme d’une séance par mois n’est cependant pas une mince affaire. Et les frais de copies et de salles reviennent cher. L’OCE doit réduire la voilure de ses ambitions, mais conserve cette formule dont le succès s’ancre au rythme de 3 séances par an et par école.
Le cinéma post-scolaire, le cinéma « culturel »
En 1948, Maurice Philip se félicite des efforts et de l’efficacité administrative de l’OCE pour assurer le développement du cinéma post-scolaire : renseignements aux adhérents, demandes de subventions, fichier des usagers, délivrance des licences UFOCEL, intermédiaire auprès des assureurs, des agences de location des films, des fabricants ou revendeurs et des réparateurs d’appareils… Dans le même but incitatif que les « séances scolaires de démonstration », l’OCE organise des séances d’aide au démarrage » qui font connaître la cinémathèque de l’Office et proposent aux "sociétés post-scolaires » de s’équiper pour le cinéma.
« Nous avons pu remettre sur pied le cinéma dans de nombreuses sociétés d’A.I.L. [Amis de l’instruction laïque], et nous leur fournissons en même temps, des programmes à très bas prix (de 45 à 90 Fr.). » (rapport pour l’année 1945-1946)
Les adhérents des OCE sont pour beaucoup des établissements scolaires et des amicales laïques dont les ciné-clubs sont animés par les instituteurs et les enseignants hors du temps scolaire. Des ciné-clubs voient aussi le jour dans d’autres tissus sociaux et associatifs : hôpitaux, sanatoriums, comités d’entreprises et même dans les prisons. En 1950, c’est l’association des Foyers ruraux qui adhère à l’OCE de Marseille et étend du même coup son circuit de diffusion cinématographique à un endroit que souhaitent particulièrement atteindre les mouvements d’éducation populaire. Pour pouvoir bénéficier des films au répertoire de l’OCE et pouvoir les projeter publiquement, une association doit d’abord adhérer à la fédération des oeuvres laïques (F.O.L.) de son département, qui transmet l’adhésion à l’Office. L’OCE se fournit en films principalement de deux façons : COMME INTERMÉDIAIRE AUPRÈS DES DISTRIBUTEURS commerciaux avec lesquels il négocie des programmes et des droits pour ses adhérents. En 1946-1947, l’OCE déclare avoir loué 250 films en 35 mm sonore pour des séances post-scolaires organisées par ses adhérents et pour 61.000F de films commerciaux pour ses propres séances. En 1949, ce sont 400 films et 105.000 Fr. COMME ADHÉRENT DE L’UFOCEL. L’OCE de Marseille peut acquérir les copies et les droits de diffusion non commerciale de « grands films » à valeur culturelle ou éducative, préalablement négociés par la fédération de ciné-clubs de la Ligue de l’enseignement
Affronter le cinéma commercial
Hors du périmètre institutionnel de la classe, les OCE affrontent la primauté, voire l’hostilité du secteur commercial et en particulier celle des exploitants de salles qui les accuse de concurrence déloyale. Georges Sadoul peut bien arguer que les ciné-clubs forment les futurs spectateurs de cinéma, les mordus et les connaisseurs, ceux qui auront une fréquentation assidue des salles commerciales comme non commerciales, rien n’y fait. Les rapports d’activité de l’OCE de Marseille en témoignent à propos de la programmation des séances d’écoles au cinéma : non seulement à cause de la cherté de location des films et des salles, mais aussi à cause de la période d’exclusivité commerciale qui empêche la location des films les plus récents « qui ne sont pas encore passés dans les salles où doit avoir lieu la projection ». Cette fronde des professionnels contre les ciné-clubs se joue à l’échelle nationale. Certains dénoncent des séances de ciné-clubs au fisc en les accusant de frauder indûment la taxe sur les spectacles et divertissements sous couvert de leur activité « non lucrative » (et le Fisc se montre zélé pour réclamer ces sommes). Les ciné-clubs sont aussi accusés de jouir du privilège de pouvoir passer des films sans visa d’exploitation commerciale et de capter des programmes inédits. Dans ces conflits, l’OCE de Marseille, bénéficie de l’appui de l’UFOCEL (Maurice Philip est élu au bureau national en 1946) et joue les intermédiaires pour les contenir localement et régler les problèmes de location rencontrés par ses adhérents.
« Evidemment, nous avons dans ce domaine beaucoup de difficultés ; certaines agences ne veulent pas louer leurs films sous prétexte qu’elles entrent en concurrence avec le tourneur professionnel de l’endroit » « L’expérience nous prouve qu’il est plus difficile d’avoir du film que d’acheter un appareil ».
« le film de gangster est désormais banni des colonies de vacances »
A contrario, Maurice Philip sait se montrer offensif lorsqu’il s’agit de chasser les marchands du temple des oeuvres scolaires. Il s’attache en particulier aux colonies de vacances dont il veut évincer les « tourneurs professionnels qui passent aux enfants, plus ou moins clandestinement, le film de leur tournée commerciale sur le choix duquel il y a trop souvent à redire. » Pendant les grandes vacances de 1950, Philip signale 95 programmes fournis par l’OCE pour 14 colonies. Et quand, en 1954, les colonies équipées en cinéma, membres de l’UFOVAL et de la JPA passent par l’OCE pour composer leurs programmes, il annonce crânement « le film de gangster est désormais banni des colonies de vacances ». (Certains genre de cinéma avaient encore mauvaise réputation parmi les mouvements éducateurs comme le western ou le film noir taxés d’immoralité)
Cinq ans après sa relance, l’OCE énumère avec fierté ses réalisations pour l’année 1949-50. A cette date, l’Office est assurément un acteur de la diffusion culturelle à l’échelle des Bouches-du-Rhône. Il est alors subventionné principalement par la mairie de Marseille, la Préfecture puis le Conseil général des Bouches-du-Rhône qui comptent un représentant à son conseil d’administration (de même que le Syndicat national des instituteurs). Dans son rapport de 1946, Maurice Philip, positionne l’Office comme un acteur d’envergure régionale en mentionnant « l’organisation de circuits cinématographiques, de prêts de copies aux usagers individuels ou aux sociétés post-scolaires dans les Alpes maritimes, Var, Vaucluse, Basses Alpes. Sauf en « Corse empêchée à cause des problèmes de transport. » Mais, en 1949, il regrette que les tarifs négociés par l’OCE de Marseille auprès d’agences de location n’aient pas davantage servis, faute de cohésion régionale au niveau de la programmation. Ce qui tend à montrer que cette dimension territoriale n’est pas encore acquise.
215 séances d’écoles au cinéma (107.000 spectateurs) 402 séances pédagogiques (40.000 spectateurs) 4.287 mouvements de copies tous supports confondus en tant qu’intermédiaire ou en direct… et 9.163 prêts de films fixes !

En manque d’espace chronique depuis ses débuts, l’OCE emménage le 20 décembre 1949 dans de nouveaux locaux au 15 bd Garibaldi (1er arrdt), dans les annexes de la chapelle du lycée à Thiers (Collection Alain Imbern, Tous droits réservés).
1950 - 1954 : La déferlante des ciné-clubs à la croisée de la cinéphilie et de l’éducation populaire
Dans ses nouveaux murs, l’OCE peut déployer ses services et -enfin !- en ouvrir d’autres : bibliothèque, discothèque, service de réparation, et d’abord, au rez-de-chaussée, sa salle sonorisée de 40 places équipée d’une cabine et de deux appareils de projection. Les éducateurs peuvent désormais venir visionner des films et "rédiger des fiches » le jeudi. Dès son emménagement, cependant, l’OCE est en perpétuelle extension et ne cesse de « repriser » ses locaux. En 1953, une salle de projection de 80 places est mise en service au 3e étage. Elle est aussitôt occupée en soirée par les usagers adhérents de l’OCE : associations de parents d’élèves du primaire, technique, secondaire, professeurs du lycée de Marseilleveyre, Comité de la Quinzaine laïque, Francs et franches camarades, organisations mutualistes de l’enseignement, etc.
Vérification et maintenance des copies 16 mm à l'OCE de Marseille, 15 bd Garibaldi, dans les années 1950.


Vérificatrices en plein travail : au premier plan, Mme BEAUMADIER et au second, Mme ORTEGA (Collection Alain Imbern - DR)
Premiers événements de l’OCE « devant servir à l’information des éducateurs »
Du 12 au 14 mars 1953, l’office organise un stage d’information sur le cinéma. Les 60 participants ont droit à un programme assez complet, quoique Maurice Philip regrette d’avoir du l’écourter faute de disponibilité suffisante des locaux… Jour 1 : Culture et cinéma (interventions assurées par les professeurs de lycée : Chavannes, Roubaud, Bois et Garcia membre du comité directeur du Ciné-Club Adultes) Jour 2 : Pédagogie et cinéma (Lefranc et Labat, CNDP) Jour 3 : Technique et cinéma (Labourgogne, technicien du CRDP Toulouse)
Du 20 avril au 2 mai 1954, l’OCE inaugure une exposition dans la chapelle désaffectée du lycée Thiers : « Le magnétophone au service de l’enseignement ». 20 exposants viennent faire la démonstration de leur matériel. Ce mini salon est complété, un mois plus tard, par deux conférences pédagogiques sur le maniement du magnétophone (M. Labourgogne encore) et sur ses possibilités dans l’enseignement du français et des langues vivantes (M. Labat, professeur spécialisé du Centre audiovisuel de l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud)
Ces manifestations suivent l’acquisition de matériel par l’OCE. En 1950-1951, en plus du matériel de diffusion sonore déjà acquis, l’office achète un magnétophone à bande magnétique qui sert à « la constitution d’archives sur des manifestations passées » et comme outil pédagogique pour le chant et les langues. Dès l’année suivante, la demande des écoles s’accroît pour sonoriser fêtes, kermesses et distributions de prix. Et en 1953-1954, en plus d’assurer ses services aux sociétés post-scolaires laïques, l’Office prend le relais du service de sonorisation municipal pour les établissements scolaires publics. Parallèlement au développement de l’appareillage technique, les responsables de l’OCE ont à coeur de se former. Déjà rodé à la projection, Maurice Philip suit un stage technique sur la télévision dès l’apparition de celle-ci dans la paysage, et Guy Roustan une semaine de formation à l’école normale d’audiovisuel de St-Cloud avant de diriger la réalisation d’un premier film pédagogique pour le CNDP ("Collines de Provence").
« Acquisition de 2 têtes magnétiques que nos opérateurs utilisent pour passer les films que nous avons nous-mêmes tournés et enregistrés »

Extension des collections et du domaine des ciné-clubs
« Grâce à la nouvelle formule qu’il [le CNDP] vient d’adopter en matière de diffusion cinématographique, nous allons recevoir une très grande quantité de films qui nous permettront désormais de satisfaire intégralement et gratuitement toutes les demandes de films d’enseignement »
La gratuité scolaire, Maurice Philip la réclamait. Mais, en 1950, il conclut son rapport tenaillé par l’appréhension que la collection de films scolaires de l’OCE ne suffise pas à la demande des établissements adhérents. Car, la loi Barangé promulguée en 1951, outre qu’elle soulève une levée de boucliers du camp laïc en rendant possible la subvention de l’enseignement privé (voir sur ce sujet le film "Guerre Scolaire"), apporte aussi des subventions à l’équipement scolaire, cinéma et radiophonie inclus. Maurice Philip redoute que l’OCE ne soit victime du succès de cette ligne budgétaire enfin accordée, et ne se trouve dans l’incapacité de fournir à tous, au même moment, les mêmes titres de films portant sur un sujet abordé dans le programme scolaire. Pour éviter de tels embouteillages, l’OCE impose un trimestre d’avance pour les commandes. Hors cette alerte logistique, l’Office a de quoi se réjouir : ses ressources en matière de films didactiques seront désormais assurées par le Centre national de documentation pédagogique (CNDP), qui prend la suite du Musée pédagogique.
« Nous sommes puissamment aidés par cette administration dans le domaine pédagogique par 2 de ses publications : le bulletin trimestriel de l’Enseignement audio-visuel ; les 4 pages hebdomadaires consacrées au film, au magnétophone, aux disques, à la projection fixe de l’Education nationale » (Rapport d'activité de l'OCE 1953-54).



En 1951, l’OCE atteint un seuil critique qui lui permet de publier un premier répertoire de diffusion. 811 films en 16 mm sont disponibles en prêt. Les trois catégories les plus fournies sont les films scientifiques (89), les grands films de long métrage (79) et exequo les films de sport et les courts métrages culturels et récréatifs (73) Fonds OCE de Marseille / Dodeskaden
Parallèlement, l’office de Marseille poursuit ses séances de démonstration : en 1951 à Aix, la Ciotat, Plan de Cuques, Allauch, Gardanne, Port saint-Louis du Rhône, Septèmes, Camp-major, Les Cadeneaux, la Gavotte… Et dénombre 108 appareils 16 mm en fonctionnement dans l'académie d'Aix : 72 dans le 1er degré, 11 dans le 2nd, 17 dans l’Enseignement Technique, 7 dans les Ecoles normales et 1 dans l’enseignement supérieur. En 1952, le nombre de séances de démonstration double, à 16 séances quotidiennes : à Géménos, Eyguières, Sénas, Les Milles, St-Cannat, Eguilles, Roquevaire…et dans les deux années suivantes : Logis neuf, Les Granettes, Bouc Bel Air, Puyricard, Tarascon... En 1954, l'OCE décompte 123 établissements scolaires équipés de projecteurs dans les Bouches-du-Rhône et 248 dans l'académie d’Aix.
« On ne peut nier la valeur convaincante de ces démonstrations puisque jusqu’ici toutes les écoles ont demandé l’achat d’un appareil de cinéma pour l’utilisation des crédits Barangé. »
L’optimisme est de mise, même si Maurice Philip déplore l’application défaillante de la loi Barangé qui a contribué, selon lui, à faire chuter le nombre d’adhésions de 3 par semaine à 1. « Un appareil coûte cher, l’entretien d’un appareil est onéreux, il est nécessaire de prévoir l’abonnement à la Cinémathèque centrale pour les films didactiques, il faut prévoir un certain crédit pour les films documentaires et culturels à l’Office.. Tous ces frais étaient couverts par les communes à l’aide des crédits Barangé les années précédentes. » Mais, ajoute-t-il, la réaffectation non contrôlée de ces crédits alloués aux communes par certains conseils généraux, a entrainé une chute des cotisations et des achats. En matière de financement public, l’OCE de Marseille ne cesse, en outre, de réclamer qu’une part de la taxe d’apprentissage lui soit reversée, à l’égal d’autres régions, qui en bénéficient selon lui.
Une envie de cinéma grandissante et exigeante
« Le film didactique, s’il reste bien dans le cadre pédagogique de notre enseignement est quelque fois austère. Il serait à craindre que l’intérêt de l’enfant pour l’art cinématographique ne soit quelque peu émoussé, or, plus que jamais, depuis l’envahissement de nos écrans par les films de gangsters, il est nécessaire d’aiguiser l’esprit critique de nos élèves et il est indispensable de les intéresser au beau et au sain, deux choses que le cinéma commercial leur laisse généralement ignorer, avec lesquelles nous voulons les mettre en contact. »
A propos des séances de démonstration scolaires, Maurice Philip relève en 1953 que "la formule préférée est à présent de demander aux enseignants de choisir le film qu’ils désirent projeter en classe. « C’est une forme de collaboration plus active de la part du maître, puisque l’initiative dans le domaine du cinéma pédagogique leur revient entièrement. » Certains professeurs, ajoute-t-il, souhaitent utiliser le cinéma pour l’heure d’étude surveillée. Et d’autres demandent la projection de grands métrages « pour illustrer ou résumer en images un chapitre d’histoire, un cours de géographie, une oeuvre littéraire pour le secondaire, avec des films tels que "La Marseillaise", "Duguesclin", "Nyla le lapon", "nanouk l’esquimau", "L’Eternel retour", "Le Silence de la mer", "Le médecin malgré lui", ou "Gaspard de Besse." Philip se réjouit de cette demande accrue dans laquelle il reconnait la portée du travail volontariste de l’OCE : ce sont les enseignants qui viennent désormais à l’office pour demander des films et non l’office qui vient leur en démontrer l’intérêt. Mais, cette inclination plus forte des enseignants pour le cinéma en accroît aussi l’exigence et conduit l’OCE à se porter au-delà de la stricte frontière professorale séparant film récréatif et film didactique, film pour le loisir et film pour l’école.
En 1954, le constat s’affirme : « les films didactiques ne sauraient suffire à notre enseignement ». Et l’OCE acquiert 267 nouveaux sujets documentaires. Support d’enseignement moins didactique, mais genre cinématographique à la fois plus créatif et attrayant et dont l’enseignement doit apprendre à tirer parti. Maurice Philip note aussi le « très grand développement que prend le cinéma comme moyen de culture dans les établissements du second degré, et ceci dès 1951. Treize lycées et trois écoles normales ont maintenant leur Ciné-Club. "La projection se fait en général le samedi après-midi. Elle est suivie d’un débat, où sans distinction, professeurs et élèves font valoir leur point de vue ».
La diffusion "non commerciale" du cinéma : essor, réglementation et bras de fer
En mars 1950, l’UFOCEL devient la seconde Fédération de ciné-clubs habilité par le CNC à diffuser la culture par le film. « La Ligue de l’enseignement sur le plan national nous avance chaque année plusieurs millions pour l’achat en commun de nos films. C’est encore sa section UFOCEL qui groupe aux meilleures conditions nos commandes de matériel, intervient auprès du CNC, de l’Administration des finances pour toutes les difficultés résultant de nos activités. Cette association nous rend donc d’inestimables services. » Dans son rapport pour l’année 1950-1951, Maurice Philip annonce son intention de cesser d’avoir recours aux agences de location pour appliquer désormais le décret de septembre 1949 sur le cinéma non commercial. Quoique très contraignante, cette réglementation assure une légalité aux circuits non commerciaux. Au plan national, une programmation inter-offices se monte sous l’égide de l’UFOCEL : 31 grands films tirés en de nombreux exemplaires « ont pu alimenter les 5000 appareils de l’ensemble de la France et les 200 pour l’académie d’Aix » Pour l’année suivante, l’acquisition de 35 « grands films français » est prévue qui assureront à nos usagers une programmation d’ensemble d’une qualité incomparable ». Evidemment, ceci ne va pas sans difficultés. Et à partir de 1952, elles vont aussi crescendo face à « la corporation cinématographique qui ne veut voir en nous que des concurrents détaxés »
« Nous avons maintenant une programmation de films uniforme pour toute la France, un bulletin national mensuel de haute tenue culturelle très apprécié [Image & son], notre fichier national avec une cotation de la valeur des films qui nous est propre. » « Aux 38 grands films culturels acquis l’an dernier, nous venons d’ajouter pour la programmation de l’année scolaire 1952-1953, 23 nouveaux films de qualité que les 17 Offices de France ont choisi après vision parmi 100 autres au cours d’une réunion tenue au château de Boisy au mois de février 1952."
« L'industrie cinématographique était près de convaincre le CNC d'avoir à supprimer le bénéfice de la distribution des films aux offices. La situation était grave car des millions de films que nous possédions nous auraient purement et simplement été retirés sans compensation.
"La plupart des agences ont reçu l’ordre de ne plus nous louer de films, les producteurs celui de ne plus nous en vendre. Les tourneurs professionnels mènent une guerre de tous les jours à nos usagers et le CNC sur leur dénonciation contrôle strictement les séances. Cependant, grâce aux ordres que nous avons donnés, nos usagers se sont pliés généralement à toutes les exigences de la réglementation et toutes les affaires ont pu se régler sans dommage pour eux comme pour nous. Nous devons demeurer sur une stricte vigilance et ne pas tolérer aucun manquement de la part de nos usagers si nous voulons conserver le statut du cinéma non-commercial si difficilement acquis, si âprement défendu et violemment attaqué. » L’OCE de Marseille tient ferme la voie légaliste. Et l’UFOCEL fait front, quoique Maurice Philip note qu’elle a du abandonner sous la pression et les menaces l’exploitation de 10 grands métrages. En 1954, les OCE réagissent à la dénonciation du statut non commercial en créant… une société commerciale de distribution : Citévox.
"Les Offices ensemble ont donc créé hors de leur administration une SARL au capital de 5.200.000 francs (capital exigé pour être distributeur). Chaque Office a pris un nombre égal de parts. Cette société administrée par des représentants de chaque Office se substitue à l'Office pour les opérations commerciales. Ainsi sont sauvegardés la légalité et nos droits. C'est dans le cadre de cette nouvelle organisation que nous avons préparé les achats de nos films pour 1954-55. Sans donner les titres de nos acquisitions, il s'avère que notre programme sera cette année d'un choix et d'un niveau jamais atteint. » (M. Philip, 1954)
Films éducatifs et documentaires : 1.998 (dont 558 au CNDP) Grands métrages : 160 Prêts de films : 11.300 Disques : 1.006 (1.800 prêts) Films fixes : 6.000 (10.800 prêts) Séances pédagogiques : 1.556 Séances récréatives : 216 245 ciné-clubs d’établissements scolaires Personnel : 14 personnes (dont 4 instituteurs détachés aux postes de direction)
Bras commercial de la Ligue de l’Enseignement à visée non commerciale, Citévox sera désormais la société de distribution des OCE, mais aussi leur prestataire de matériel cinéma et même une société de production de courts métrages déclarée au CNC. Celui-ci exige de la ligue de l’enseignement qu’elle clarifie et consolide ses liens avec les OCE. A défaut de recettes, il s’agit de pouvoir justifier d’un contrôle de leur activité en cette heure mouvementée de légalisation de l’exploitation non commerciale du cinéma. Un changement de statuts s’ensuit, inscrit dans la nouvelle dénomination de l’UFOCEL et des OCE. L’UFOCEL devient l'UFOLEIS : l’Union française des œuvres laïques pour l'éducation par l'image et le son. Et les OCE deviennent leurs Offices régionaux (OROLEIS). « Après dix ans d’existence légale » (déclaré au JO le 15/06/1945), l’OCE de Marseille devient donc le 10 mai 1954 - quoique très momentanément - l’OROLEIS de Marseille.
PROCHAIN CHAPITRE : de la fièvre des ciné-clubs à l’étatisation du cinéma culturel 1955-1968.

Timbres d'adhésion à l'UFOLEIS (Fonds OCE de Marseille / Dodeskaden)
Quelques sources :
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Raymond Borde et Charles Perrin, Les Offices du cinéma éducateur et la survivance du muet (1925-1940), Lyon, PUL, 1992
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Pascal Laborderie, Le cinéma éducateur laïque, Paris, L’Harmattan, Coll. Champs visuels, 2015
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Léo Souillés-Debats, La culture cinématographique du mouvement ciné-club - une histoire de cinéphilies (1944-1999), Paris, AFRHC, 2017
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Dodeskaden, Fonds de la Fédération des Amis de l'Instruction. Laïque des Bouches-du-Rhône (FAIL 13) :
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Maurice Philip, Rapports d'activités de l'Office cinématographique de Marseille : années 1944​-1967
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Archives nationales, Fonds de Moscou, Versement n° 27 :
20140057/24, Boîte 20 (1920-1940) :
Fédération des Amis de l’Instruction Laïque et des Oeuvres peri et post-scolaires de B.-du-Rh., 1933 : brochure à l’adresse des membres du personnel enseignant des Bouches-du-Rhône
20140057/37, Boîte 33 (1933-1939) :
J. Jenger, Le Cinéma et l’Education - rapport sur la création de l’Office Régional du Cinéma Éducateur - Alpes-Maritimes - Var - Basses Alpes, Nice, 1933
